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janvier 1st, 2014

Votre vol est annulé

L’adolescence prend fin aujourd’hui, donc environ 15 ans après sa fin normalisée dans les manuels de biolo-socio-hormono-médicinologie humaine. Pas de retard dans la croissance, on a été bien nourri. En revanche, commencer sa vie d’adulte (où l’on devient raisonnable-responsable) dans la trentaine, c’est même plus un retard, c’est une annulation de vol (ou de train – je suis un traumatisé de l’avion). Seul sur le quai (ou dans le terminal), il faut vite se décider pour arriver pas trop en retard à la destination finale. On part à pieds ?  on loue un voiture ? on réserve une place sur un vol le lendemain s’il y a des disponibilités ? on fait du stop ? ON RENTRE CHEZ SOI EN RALLANT ET EN RAVALANT SA COLERE (d’adolescent) ? Et SI on changeait de plan en prenant le prochain train, le premier qui passe, peu importe ses dessertes ?
Pas besoin de courir, il suffit de monter, à l’heure prévue et de profiter du trajet. La destination finale initiale, on l’atteindra quand même, plus tard, ou peut-être jamais parce qu’entre temps on aura plus envie d’y aller.

cruel intenetionscene_fin_intentionsDans ce train, il faudra accepter de voyager dans d’autres conditions, non prévues. Il faudra accepter le regard des autres voyageurs qui savent que vous n’avez PAS de place réservée et que vos bagages n’auront pas de place dans les espaces prévus à cet effet. ILS VONT ECOMBRER. Les voyageurs, qui ont prévus leur voyage et on réservé (longtemps à l’avance) savent ce que vous avez fait (l’été dernier ?), comme les camarades universitaires de Kathryn Merteuil (Sarah Michelle Gellar) dans la dernière scène de Cruel intention.
La drogue, le sexe, les arrangements avec la réalité, les errances psychologiques, les hontes et les vérités, Catherine ne peut plus les nier. Tout s’effondre. Il va falloir qu’elle fonctionne autrement.

Elle aussi, va prendre un autre train.

Mais de ce moment sur le quai, jusqu’à l’arrivée à la nouvelle destination, il va falloir affronter le manque de place dans les espaces prévus à cet effet et errer dans les wagons pour chercher une place de libre et s’installer sereinement. Là sur le quai, on l’a mauvaise (comme Kathryn). Dans le train, ça risque d’être dur.

Cette errance douce-amère il faut l’accepter pour profiter du voyage. Amère parce qu’on abandonne des rêves, des buts, des conforts et on se jette un peu dans le vide. Douce parce qu’on gagne en liberté, en indépendance et probablement en bonheur, joies, plaisir et sagesse.

(Ce texte n’est pas extrait de l’évangile selon Miqueline)